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Traduction français-thaï : 7 pièges à éviter

Mis à jour le

Le thaï et le français ne fonctionnent pas du tout pareil. Une traduction mot à mot donne souvent une phrase compréhensible, mais impolie ou ambiguë. Voici ce qu’il faut vérifier, avec des exemples à écouter.

Un voyageur montre son téléphone à un chauffeur de tuk-tuk à Bangkok

1. La particule de politesse dépend de qui parle

En thaï, on termine presque toutes ses phrases par une petite particule de politesse. Elle ne se traduit pas en français, mais elle change tout. Sans elle, la phrase paraît brusque.

สบายดีไหมคะ

sà-baai dii mǎi khá

Comment allez-vous ? (une femme demande)question

สบายดีค่ะ

sà-baai dii khâ

Je vais bien. (une femme répond)réponse

ขอบคุณมากครับ

khɔ̀ɔp-khun mâak khráp

Merci beaucoup. (un homme)homme

Un traducteur automatique ne sait pas qui vous êtes : il choisit souvent la forme masculine, ou n’en met aucune. Relisez toujours la fin de la phrase.

2. « Je » change selon que l’on est un homme ou une femme

Le pronom « je » n’est pas le même pour tout le monde. Un homme dit ผม (phǒm). Une femme dit ฉัน (chǎn) au quotidien, ou ดิฉัน (dì-chǎn) dans un cadre très formel. Dans la conversation, on omet d’ailleurs souvent le pronom : le contexte suffit.

Je suis

ฉันไม่เข้าใจค่ะ

chǎn mâi khâo-jai khâ

Je ne comprends pas.

ฉันเป็นคนฝรั่งเศสค่ะ

chǎn pen khon fà-ràng-sèet khâ

Je suis français(e).

ฉันมาเที่ยวค่ะ

chǎn maa thîao khâ

Je suis ici en vacances.

Choisissez « un homme » ou « une femme » : les phrases s’adaptent, et la voix aussi.

3. Le ton fait partie du mot

Le thaï a cinq tons. Changer de ton, c’est changer de mot, comme si « pain » et « pin » ne se distinguaient que par la mélodie. Une phonétique sans tons, comme « mai » ou « khao », est donc ambiguë.

ไม่

mâi

ne… pas, non

ใหม่

mài

nouveau, neuf

ไม้

máai

bois

ข้าว

khâao

riz ; repas

ขาว

khǎao

blanc

เข้า

khâo

entrer

Sur ce site, l’accent sur la voyelle donne le ton : à bas, â descendant, á haut, ǎ montant, sans accent pour le ton moyen.

4. Les mots sont collés

Le thaï s’écrit sans espace entre les mots. Une espace marque une pause, à peu près comme notre virgule ou notre point. ขอบคุณมาก (khɔ̀ɔp-khun mâak, « merci beaucoup ») forme un seul bloc. Un logiciel doit donc deviner où chaque mot commence, et il se trompe parfois, surtout sur les noms propres et l’argot.

5. Ni conjugaison, ni pluriel

Le verbe thaï ne se conjugue jamais. Le temps se comprend par le contexte ou par de petits mots : แล้ว (lɛ́ɛo, « déjà, c’est fait »), จะ (jà, « futur »), เคย (khəəi, « avoir déjà fait »). Le pluriel n’existe pas non plus : on compte avec un nombre et un classificateur, un mot qui dépend de la forme de l’objet.

กินแล้วค่ะ

kin lɛ́ɛo khâ

Oui, j'ai mangé.

พรุ่งนี้ฉันจะไปภูเก็ตค่ะ

phrûng-níi chǎn jà pai phuu-kèt khâ

Demain, je vais à Phuket.

ฉันไม่เคยกินทุเรียนค่ะ

chǎn mâi khəəi kin thú-rian khâ

Je n'ai jamais mangé de durian.

ขอมะม่วงสามลูกค่ะ

khɔ̌ɔ má-mûang sǎam lûuk khâ

Trois mangues, s'il vous plaît.

เอาน้ำสองขวดค่ะ

ao náam sɔ̌ɔng khùat khâ

Je prends deux bouteilles d'eau.

Traduire « j’ai mangé » ou « des mangues » demande donc de choisir ces mots, ce qu’une traduction mot à mot ne fait pas.

6. Le registre : familier, poli, soutenu

Le thaï a plusieurs niveaux de langue. On ne parle pas de la même façon à un ami, à un client ou à un moine. « Manger » se dit กิน (kin) au quotidien, mais ทาน (thaan) quand on veut être poli. La famille royale a même son propre vocabulaire, le râachaasàp.

เชิญทานข้าวค่ะ

chəən thaan khâao khâ

Je vous en prie, mangez. (poli)

ได้จ้ะ

dâai jâ

D'accord ! (doux, entre proches)

ไม่ต้องเกรงใจค่ะ

mâi tɔ̂ng kreeng-jai khâ

Ne vous gênez pas.

7. Les noms propres et la phonétique « à l’anglaise »

Les panneaux thaïs transcrivent les noms selon un système officiel pensé pour l’anglais. Résultat : un francophone les prononce de travers.

Pour votre prénom, il n’existe pas de traduction : on le transcrit à l’oreille, syllabe par syllabe.

Et pour un document officiel ?

Pour un acte de mariage, un extrait de casier judiciaire ou un dossier de visa, il faut une traduction certifiée. En France, elle est faite par un traducteur expert près une cour d’appel. En Thaïlande, on passe par une agence de traduction et, souvent, par une légalisation au ministère thaï des Affaires étrangères. Demandez toujours à l’organisme qui réclame le document quelle forme il exige.

La méthode pour traduire une phrase vous-même

  1. Faites court. Sujet, verbe, complément : le thaï suit le même ordre que le français. « Moi pas manger épicé » passe mieux qu’une longue phrase.
  2. Ajoutez la particule qui vous correspond : khráp ou khâ.
  3. Vérifiez les tons en écoutant l’audio, puis répétez à voix haute.
  4. Montrez l’écriture thaïe si on ne vous comprend pas : presque tout le monde lit le thaï.

Le traducteur de ce site fait ces quatre étapes pour plus de 800 mots et phrases du quotidien.

Traduire n’importe quelle phrase, à voix haute

Dans l’application FrancoThai, vous parlez en français et elle répond en thaï, à la forme polie qui vous correspond. Elle traduit aussi les photos de menus et de panneaux.

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Chang, l’éléphant mascotte de FrancoThai, fait coucou

Questions fréquentes

Les traducteurs automatiques sont-ils fiables pour le thaï ?

Pour saisir le sens général d’un texte, ils rendent service. Pour parler, ils oublient souvent la particule de politesse, choisissent le mauvais « je » ou donnent une phonétique sans tons. Relisez toujours la fin de la phrase et écoutez la prononciation.

Comment traduire du thaï vers le français ?

Pour un mot ou une phrase courante, collez-la dans le traducteur. Pour un menu ou un panneau, photographiez-le avec l’application FrancoThai.

Pourquoi ma traduction en thaï paraît-elle impolie ?

Le plus souvent, il manque la particule finale : khráp pour un homme, khâ ou khá pour une femme. Ajoutez-la à la fin de la phrase.

Faut-il un traducteur assermenté pour la Thaïlande ?

Oui pour les documents officiels : état civil, casier judiciaire, diplômes, dossier de visa. Vérifiez auprès de l’organisme demandeur s’il exige en plus une légalisation.